Publié par : Élise de Montclar — Rédactrice en chef
Dans l’imaginaire collectif, nicotine et cancer sont souvent associés. Pourtant, la nicotine seule n’est pas cancérigène ! C’est la cigarette qui l’est puisque sa fumée expose l’organisme à de nombreuses substances toxiques capables d’endommager l’ADN, causant ainsi des cancers. La nicotine, quant à elle, est avant tout la substance qui entretient la dépendance au tabac. Très addictive, elle cause également des problèmes de cicatrisation.
La nicotine n’est pas cancérigène
Encore aujourd’hui, de nombreuses personnes pensent que la nicotine est la substance responsable des cancers provoqués par la cigarette. C’est pourtant faux ! La nicotine seule n’est pas cancérigène. Ce n’est pas elle qui cause des cancers chez les fumeurs et fumeuses, mais les substances chimiques qui se trouvent dans la fumée de cigarette. On y trouve notamment des goudrons, très nocifs pour la santé, du polonium, de l’arsenic, du chrome… Autant de substances très dangereuses, qui vont, à terme, augmenter fortement le risque de développer un cancer.
C’est pour cette raison que les substituts nicotiniques tels que les patchs à la nicotine peuvent être employés dans le sevrage tabagique. Ils permettent d’apporter de la nicotine sans exposer le patient à la fumée issue de la combustion du tabac, qui elle est cancérigène. Ces substituts aident chaque jour de nombreuses personnes dépendantes à la cigarette à faire leur arrêt du tabac et ainsi préserver leur santé.
Attention toutefois : un produit contenant de la nicotine n’est pas nécessairement exempt d’autres substances potentiellement nocives. Même s’il n’y a pas de combustion, il peut y avoir des risques. C’est le cas des cigarettes électroniques, qui sont bien moins dangereuses que les cigarettes au tabac, mais dont l’aérosol peut contenir des substances potentiellement toxiques. Une personne qui choisit de vapoter pour arrêter de fumer doit donc faire attention à acheter des produits de qualité. Liquideo la marque top ventes est une marque française dont les e-liquides sont contrôlés. Il ne faut jamais acheter de produit sur le marché noir !
La nicotine est très addictive
La nicotine a beau ne pas être cancérigène, elle représente un risque certain pour la santé du fait de son fort caractère addictif. Lorsqu’elle atteint le cerveau, elle agit notamment sur les circuits impliqués dans la récompense, et cela de façon si intense que le besoin d’en consommer de nouveau revient sans cesse. Arrêter de fumer est synonyme d’un symptôme de sevrage qui peut être très difficile à gérer. Parmi ces symptômes de manque de nicotine, on trouve l’insomnie, l’irritabilité et les envies irrépressibles de fumer. Leur intensité varie selon le niveau de dépendance des fumeurs et fumeuses, et finit par diminuer puis disparaître.
La cigarette favorise particulièrement cette dépendance parce qu’elle apporte rapidement de la nicotine via la fumée qui pénètre dans les poumons. Mais l’addiction au tabac ne repose pas uniquement sur l’addiction à la nicotine. Les habitudes jouent également un rôle : la cigarette avec le café, pendant une pause au travail ou encore dans une situation stressante. L’Assurance Maladie distingue ainsi les dimensions physique, psychologique et comportementale de la dépendance au tabac, qui doivent toutes être traitées.
L’avantage des substituts à la nicotine, c’est qu’ils sont disponibles en plusieurs dosages, de façon à diminuer progressivement l’apport en nicotine afin de minimiser les symptômes du sevrage. L’objectif numéro 1 pour une personne qui fume doit impérativement être la suppression du tabac, avant de vouloir supprimer la nicotine. C’est pour cela que confondre nicotine et cancer peut être contre-productif si cela conduit une personne à refuser un substitut nicotinique et à continuer de fumer.
La nicotine cause des problèmes de cicatrisations
Toute personne qui subit une intervention chirurgicale a entendu la même question : « Est-ce que vous fumez ? » Pourquoi ? Parce que fumer augmente le risque de complications après une opération et peut ralentir la cicatrisation. La fumée de cigarette combine plusieurs mécanismes qui empêchent de bien cicatriser, comme une moins bonne oxygénation des tissus.
La nicotine peut participer à ce phénomène, notamment parce qu’elle agit sur les vaisseaux sanguins. Son effet vasoconstricteur peut réduire temporairement le débit sanguin dans certains tissus. Or, une plaie en cours de réparation a besoin d’un apport suffisant en oxygène et en nutriments pour bien se réparer. La nicotine provoque un rétrécissement des petits vaisseaux sanguins, ce qui est susceptible de réduire l’arrivée de sang au niveau des tissus en cours de cicatrisation.
Une personne qui doit être opérée doit suivre à la lettre les recommandations du chirurgien pour éviter toute complication. En cas de forte dépendance, le recours à des substituts nicotiniques se discute au cas par cas. Attention ! Il faut souligner que le fait de vapoter conduit à la même problématique de cicatrisation à cause de la nicotine qu’avec des cigarettes classiques. En cas d’opération, il ne faut pas vapoter non plus. Les patchs à la nicotine peuvent être envisagés car ils délivrent de la nicotine de façon différente, sur une longue période et sans pic, à l’inverse des cigarettes et cigarettes électroniques.
À noter que l’HAS déconseille l’utilisation de cigarette électronique dans son ensemble. Si cette pratique est moins risquée que le tabac fumé, elle reste la cause possible de problèmes de santé sur le long terme. La meilleure chose pour la santé reste de ne pas consommer de nicotine et de ne pas minimiser les dangers de cette dernière. Bien qu’elle ne soit pas cancérigène, la nicotine est très addictive et est susceptible d’entraîner des problèmes de santé !